Forêt de coco de mer de la Vallée de Mai, Praslin
Guide · nature

Flore et faune endémiques des Seychelles

Un laboratoire de l'évolution en plein océan Indien : graines géantes, tortues centenaires, oiseaux uniques au monde.

Isolées au milieu de l'océan Indien depuis que le Gondwana s'est disloqué, les Seychelles ont inventé leur propre nature. On y trouve des espèces qui n'existent nulle part ailleurs, protégées dans deux sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le coco de mer, la graine géante

C'est l'emblème du pays. Le coco de mer, ou Lodoicea maldivica, produit la plus grosse graine du règne végétal, jusqu'à vingt kilos, à la forme troublante. Il ne pousse à l'état naturel que sur Praslin et Curieuse. La Vallée de Mai, forêt primaire de Praslin classée à l'UNESCO, en abrite la plus belle palmeraie : marcher sous ces palmes préhistoriques, dans le silence et le cri des oiseaux, est une expérience à part.

Fruit de coco de mer, Lodoicea maldivica
Le coco de mer, plus grosse graine du monde, endémique de Praslin et Curieuse.Photo : Brocken Inaglory · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

Les tortues géantes d'Aldabra

À l'autre bout de l'archipel, l'atoll d'Aldabra, second site UNESCO du pays, porte l'une des dernières grandes populations de tortues géantes au monde, plus de cent mille individus, cousines de celles des Galápagos. Sur les iles granitiques, on rencontre aussi ces géantes débonnaires, certaines centenaires, notamment à Curieuse. Elles se laissent approcher, mais restent des animaux sauvages qu'on respecte.

Tortue géante d'Aldabra
La tortue géante d'Aldabra, l'une des dernières grandes populations sauvages de la planète.Photo : Muhammad Mahdi Karim · GFDL 1.2 · via Wikimedia Commons

Des oiseaux qu'on ne voit qu'ici

Les Seychelles sont un sanctuaire pour les ornithologues. Le gobe-mouche de paradis, le « vev », mâle noir à la longue queue, ne survit guère que dans la réserve de la Veuve, à La Digue. Le pie-chanteuse des Seychelles, sauvée de justesse de l'extinction par un patient travail de conservation, se rétablit sur quelques iles protégées. Praslin a son perroquet noir, oiseau national, et des ilots entiers comme Cousin ou Aride sont devenus des réserves d'oiseaux de mer.

Gobe-mouche de paradis des Seychelles
Le gobe-mouche de paradis, le « vev », survit surtout dans la réserve de la Veuve à La Digue.Photo : Marion Schneider & Christoph Aistleitner · Public domain · via Wikimedia Commons

Un arbre au bord du gouffre

La flore réserve aussi ses raretés. L'arbre méduse, Medusagyne oppositifolia, longtemps cru éteint, ne subsiste qu'à quelques exemplaires sur Mahé : un fossile vivant. À côté, des espèces plus communes façonnent le paysage, comme le takamaka au bord des plages ou les fougères arborescentes des hauteurs humides.

Sous l'eau et dans le ciel

La faune ne s'arrête pas au rivage. Le gecko diurne vert vif se chauffe sur les troncs, la roussette, grande chauve-souris frugivore, traverse le ciel au crépuscule, et les tortues marines, vertes et imbriquées, pondent sur les plages. C'est cette biodiversité concentrée, protégée sur près de la moitié du territoire, qui fait des Seychelles bien plus qu'une carte postale.

Les réserves qui valent le détour

Pour approcher tout cela, quelques lieux se détachent. La Vallée de Mai, à Praslin, pour le coco de mer et le perroquet noir. La réserve de la Veuve, à La Digue, dernier refuge du gobe-mouche de paradis. L'ile de Curieuse, pour ses tortues géantes en liberté et sa mangrove. Les ilots de Cousin et d'Aride, sanctuaires d'oiseaux de mer, où l'on marche au milieu des nids. Chacun demande un guide et un droit d'entrée qui finance directement la protection des lieux.

Une nature protégée à moitié

Ce foisonnement n'est pas un hasard. Les Seychelles classent en aire protégée une part considérable de leur territoire terrestre et marin, parmi les plus élevées au monde. Programmes de réintroduction, éradication des rats sur les ilots, replantation d'espèces endémiques : la conservation y est un projet national, mené depuis des décennies. C'est ce qui a sauvé la pie-chanteuse et permet d'espérer pour les autres.

Et dans la mer

La vie marine complète le tableau. Tortues vertes et imbriquées pondent sur les plages et broutent dans les herbiers, les raies pastenagues glissent sur les fonds de sable, et le requin-baleine, géant filtreur inoffensif, longe Mahé à la fin de la saison sèche. Les lagons abritent une profusion de poissons de récif aux couleurs vives, faciles à admirer dès le masque et tuba. Cette richesse sous-marine est protégée par un réseau de parcs marins, comme celui de Sainte-Anne.

Observer sans laisser de trace

Le bon visiteur se fait discret. On reste sur les sentiers, on ne nourrit pas les animaux, on ne cueille rien, on remporte ses déchets. On ne ramasse ni corail ni coquillage, dont la sortie du territoire est d'ailleurs interdite. Ces gestes simples font la différence entre un tourisme qui use et un tourisme qui aide.

La voir sans la déranger

La Vallée de Mai, la réserve de la Veuve, Curieuse, Cousin ou Aride se visitent avec des guides et un droit d'entrée qui finance la conservation. On vous conseille les réserves qui valent le détour selon votre ile et votre saison. Voyez nos excursions et le comparatif des iles pour bâtir un séjour nature.

Rien de tout cela n'est réservé aux naturalistes. Une matinée à la Vallée de Mai, une rencontre avec les tortues de Curieuse ou une tortue croisée en snorkeling suffisent à comprendre ce qui rend ces iles uniques. On dose la part de nature selon vos envies, du simple émerveillement à l'observation passionnée.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le coco de mer ?

C'est la plus grosse graine du monde, jusqu'à vingt kilos, produite par un palmier endémique des Seychelles. On l'admire à la Vallée de Mai, forêt de Praslin classée à l'UNESCO.

Où voir les tortues géantes ?

À Curieuse, près de Praslin, où elles vivent en liberté, et surtout sur l'atoll d'Aldabra, qui abrite plus de cent mille tortues géantes sauvages.

Quels animaux ne trouve-t-on qu'aux Seychelles ?

Le gobe-mouche de paradis, la pie-chanteuse, le perroquet noir de Praslin, le gecko diurne et l'arbre méduse comptent parmi les espèces endémiques du pays.

Combien de sites UNESCO aux Seychelles ?

Deux : la Vallée de Mai à Praslin, pour sa forêt de coco de mer, et l'atoll d'Aldabra, pour ses tortues géantes et son écosystème préservé.

Sources

Ce guide s'appuie sur des sources officielles et de référence, vérifiées à la date de mise à jour. Les chiffres et règles peuvent évoluer : en cas de doute, on confirme avec vous.

L'auteure

Maya Mathieu

Maya Mathieu écrit sur les Seychelles pour le réseau lesseychelles.fr. Francophone installée dans l'océan Indien, elle passe son temps entre Mahé, Praslin et La Digue, carnet à la main, pour vérifier de ses yeux les plages, les routes, les prix et les bonnes adresses avant de les recommander.

Seychelles

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